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A la rencontre de l’art martial authentique (Combat, Santé, Survie)

Reportage Dragon magazine N°15

27 Octobre 2015 , Rédigé par Eric Garnier Sinclair Publié dans #"Chroniques réflexions" Magazines

Reportage Dragon magazine N°15

lien vers le mazine http://www.adrv.fr/index.php/presse/dragon-magazine/book/10-dragon-magazine-15/3-dragon-magazine?tmpl=component

Première partie « L’art d’aller à l’essentiel »

Pendant un an, Dragon magazine vous a proposé plusieurs sujets sur la violence de rue, abordant les sciences comportementales, la criminologie, les protections préventive et personnelle, avec deux intervenants, Christophe JACQUEMART auteur de deux ouvrages références « Neurocombat » et Eric GARNIER SINCLAIR, co-fondateur de l’association A.D.R.V.© qui accueille, entre autre, le Krav MAGA NG©. Farouche défenseur de l’apprentissage A.P.R.P.© développé par la faculté de médecine de l’Université McMaster de Hamilton (USA-Ontario les années 70, Eric défend ce concept avec les dernières recherches scientifiques contemporaines. Le pôle expérimental est basé à St Nazaire. Vous pouvez retrouver l’intégralité de cet interview sur le site www.adrv.fr

Dragon magazine: Et vous Eric, quel fut le détonateur qui vous a poussé vers les neurosciences ?

Eric Garnier Sinclair : Je pratique les arts martiaux et les sports de combat depuis 40 ans. Ancien professionnel de la sécurité, j’ai connu la violence gratuite et j’ai vite compris les limites de notre capacité de raisonnement qui peine à influencer nos comportements. La négociation et la psychologie comportementale, les perturbations motrices, sensorielles et cognitives m’ont interpellé. Notre meilleur allié et pire ennemi a un volume d’environ 1125cm3 et pèse en moyenne 1,4kg. Il s’appelle le cerveau. Il prend les décisions sept secondes avant que nous en ayons conscience ! Lors des stages de survie & protections préventive/personnelle que j’anime, je teste les dernières recherches scientifiques en neurosciences car le cerveau nous livre de nombreux éléments sur la personnalité des gens, à travers la parole, la couleur des yeux, la cohésion d’un groupe, la synergologie (le langage du corps) ou les décisions choisies… Diriger un groupe dans un dojo est une chose, mais en pleine nature ce n’est pas une sinécure. Il faut « réactiver » tous les programmes ancrés dans les engrammes neuronaux depuis l’homo sapiens car nous sommes tous programmés biologiquement pour survivre. Mais le monde moderne et la technologie sont passés par là, les certitudes, la dénégation aussi, sans oublier le facteur imprévisibilité trop souvent négligé.

DM: Vous voulez dire que nous sommes « déprogrammés » à cause de la technologie ?

Eric Garnier Sinclair : Tout à fait, c’est un constat alarmant fait par les chercheurs. Les arts martiaux (entre autre) ne sont pas épargnés. Comme je vous le disais, devant une situation critique ou un effondrement de la normalité, certains mécanismes de survie animale s’activent grâce à des réflexes complexes qui s’appuient sur les mémoires biologique, mammifère, et motrice. Malheureusement ces acquis s’amenuisent car l’homme se repose de moins en moins sur les principes légués par ses ancêtres. Conséquence, on constate une baisse du Q.I. occidental de 14 points depuis la fin du XIXème siècle (source extraite de la publication dans la revue Intelligence). "Les hommes étaient plus intelligents à l'époque victorienne que ne le sont les populations modernes. Selon cette étude, le temps de réaction moyen d'un homme en 1889 était de 183 millisecondes, alors qu'il était de 253 millisecondes en 2004.» En plus, les arts martiaux ont été émasculés de l’essentiel pour des raisons sécuritaires, politiques, religieuses, culturelles et sportives.

Pendant des décennies, l’homme a oublié d’entretenir et de comprendre les plus merveilleuses des machines : Son cerveau et son organisme. J’échange parfois mes points de vue avec Robert Paturel (fondateur de la boxe de rue, ancien négociateur au RAID) concernant la psychologie comportementale et la négociation, avec certains scientifiques ou des professionnels de la sécurité. C’est dans l’échange que chacun progresse, pas dans l’enfermement sous couvert de secrets « mystiques » ancestraux ou dans les certitudes sectaires. Actuellement je travaille avec l’équipe du Krav Maga Nouvelle Génération afin de développer un module Principes de vie et survie tout-terrain / Protections préventive et personnelle / santé en accord avec les dernières recherches scientifiques, avec les différentes expériences éprouvées, glanées auprès de témoins ayant vécu une rupture de la normalité, et les médecines traditionnelles.

DM: Pour vous arts martiaux et survie sont étroitement liés à l’étude du cerveau et des neurosciences ?

Christophe Jacquemart : Comme je le disais plus haut, on ne peut pas approfondir sa compréhension du combat sans arriver tôt ou tard sur des données scientifiques. La littérature anglo-saxonne est très abondante sur ce sujet. Enormément de recherches passionnantes et très avancées sont effectuées dans ce domaine outre Manche et surtout outre Atlantique par la police, dans l’armée, par certains universitaires, au sein des groupes indépendants et privés, ou même par certains enseignants de défense personnelle. Un tel dynamisme n’a pas d’équivalent en France. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles j’écris en m’appuyant sur toutes ces sources, car la barrière de la langue empêche beaucoup de passionnés francophones d’accéder à cette documentation inestimable, mais intégralement rédigée en anglais.

Eric Garnier Sinclair : Les arts martiaux et la survie sont étroitement liés à l’étude du cerveau et des neurosciences, je dirais même qu’ils sont indissociables au même titre que la santé et la spiritualité. Le cerveau est un organe extraordinaire, multi-fonctionnel et complexe. Dans les arts martiaux, en survie, comme dans la vie quotidienne, il est le siège de toutes les fonctions essentielles: Mouvements, perception sensorielle, synergologie, mémoire, conscience, peurs, angoisses, ... Comprendre et connaître le mécanisme de la gestion des émotions devrait être les fondations de tous les arts martiaux, car dans le contexte de l’instant les inconnus et les imprévus vous brouiller les certitudes et les codifications acquises dans le confort d’une salle de sport. Les questions posées dans le livre de Christophe ne sont jamais ou très rarement abordées dans un dojo.

- Qu’est-ce que la peur ? Comment maintenir les agents stressants négatifs sous contrôle ? Quel est le mécanisme des émotions, peut-on réguler les perturbations émotionnelles, cognitives et motrices face à une situation critique? …

Les codifications enseignées dans les écoles sont impossibles à appliquer en situation réelle sans la compréhension de la gestion des émotions. Se préparer émotionnellement et matériellement en amont est fondamental. Les professionnels de la sécurité et de la santé savent très bien que sur le terrain, ces conditions feront la différence entre l’échec et la réussite, entre la vie et la mort. Ils travaillent en priorité les temps d’action, de réaction sous stress … Christophe résume en une phrase ma vision des choses. « Face à la violence ou face à une rupture de la normalité, le tout premier obstacle que vous devrez affronter ne sera pas votre agresseur (un homme, les éléments) mais vos propres réactions ». Devant une situation critique ou une rupture de la normalité, il est impératif de se libérer des réactions paniques incontrôlables. Le contexte de l’instant doit être géré dans l’instant, pas dans la durée. Rien n’arrive jamais par hasard car celui-ci n’existe pas. C’est assez déroutant pour les débutants, parfois même plus pour les enseignants. Le secret ? Accepter d’apprendre à désapprendre pour mieux comprendre, briser la chaîne de la dénégation automatique…. »

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